Il y a des adresses qu’on découvre au bout d’un long trajet. Et il y a celles qu’on trouve à deux pas de chez soi, presque par hasard, et qu’on a envie de faire connaître à tout le monde. Chez Juliette fait partie de la deuxième catégorie. Le bar se trouve au coin de la rue des Brasseurs et de la place Maurice Servais, au pied du téléphérique de la Citadelle, à deux minutes à pied de la ZannA House. Et s’il s’appelle Chez Juliette, c’est tout simplement parce que la patronne s’appelle Juliette. Ici, tout coule de source.

Un bar pour toustes, où tout le monde parle avec tout le monde
Chez Juliette, on ne vient pas seulement boire un verre. On vient pour l’ambiance. Ici, les tables se parlent, les conversations débordent d’une chaise à l’autre, et il n’est pas rare de repartir en ayant fait connaissance avec ses voisins.
Le fonctionnement est simple et détendu. On commande au bar ce qui nous fait envie et on peut se servir à la carafe d’eau. La carte des bières est belle, avec des bières locales et des alternatives sans alcool (j’ai choisi une IPA sans alcool). Il y a aussi du vin, pas mal de softs, un café, un chai latte, ou un croissant le dimanche matin. Si l’apéro se prolonge, il y a de quoi grignoter, avec une sélection de fromages à partager. Ensuite, on s’installe sur la terrasse ou à l’intérieur, sous les guirlandes lumineuses, et on profite. Les chiens sont les bienvenus, et pour cause : il y en a un qui habite au café.
Je ne suis pas la seule à être tombée sous le charme : le magazine Weekend Le Vif a sélectionné Chez Juliette parmi ses terrasses namuroises de l’été, en écrivant que l’adresse « coche toutes les cases de la pause estivale réussie ».

Un repère d’artistes au cœur du Vieux Namur
Chez Juliette est aussi un lieu de création et de rencontre. Des expositions y sont régulièrement organisées, souvent de la photographie, et les murs changent au fil des accrochages. Le bar accueille également des événements musicaux.
À l’intérieur, on flâne entre les cadres, une bibliothèque bien garnie, un vieux moulin à café posé entre les livres, un poste de radio vintage. C’est le genre de décor qui ne s’invente pas : il se construit avec le temps et avec les gens qui fréquentent le lieu.

Chez Juliette, on ne s’embête jamais
Il y a des jeux pour les enfants comme pour les adultes, un piano, de la lecture. On peut venir en famille, entre amis, ou seul avec l’envie de discuter. Chez Juliette, jamais on ne s’embête.

La Mèn’che, un jeu de cartes wallon sorti de l’armoire et disponible à la vente
Devant le bar, il y a une armoire à jeux de société. On est tombés sur un jeu que je ne connaissais pas : la Mèn’che.
La Mèn’che est un jeu de cartes qu’on jouait dans les bars et les estaminets de Wallonie pendant près de deux siècles. Il viendrait du Grand-Duché de Luxembourg, au 19e siècle, et se serait ensuite répandu entre Arlon et Namur, avec des bastions à Bastogne et à Neufchâteau. Son nom signifierait « l’humain » en luxembourgeois. Au milieu du 20e siècle, il a peu à peu disparu des tables, au point de ne plus compter que quelques joueurs.
C’est un jeu de plis, qui se joue traditionnellement à quatre, en deux équipes de deux, avec 32 cartes. Le but : marquer un maximum de points en remportant les cartes jouées. Autrefois, on y jouait avec un jeu de cartes ordinaire.

Une réédition 100 % wallonne, signée Mad Cat Studio
Si l’on peut jouer à la Mèn’che aujourd’hui, c’est grâce à Matthieu Collard et Mélanie De Groote, deux historiens namurois, qui ont profité du confinement pour lui donner une nouvelle vie avec leur Mad Cat Studio. Ils ont gardé les règles traditionnelles mais créé des cartes originales, illustrées par François D’Alcamo, avec des animaux de la forêt wallonne qui rappellent les bois d’Ardenne. Le jeu a été présenté en 2022 au Piconrue, le musée de la Grande Ardenne, à Bastogne.
Jouer à la Mèn’che Chez Juliette, c’est jouer à un jeu que nos arrière-grands-parents connaissaient peut-être, autour d’une table de bar, exactement comme eux. Un morceau de patrimoine immatériel wallon qu’on peut prendre en main, le temps d’une partie. On a passé un super moment.

Pourquoi je recommande Chez Juliette à mes voyageurs
Quand je conseille des adresses aux personnes qui séjournent à la ZannA House, je cherche des lieux qui racontent quelque chose de Namur. Pas seulement ce qu’il faut voir, mais ce qu’on vit quand on habite ici. Chez Juliette coche toutes les cases : une ambiance chaleureuse, un lieu ouvert à toutes et tous, de l’art, de la musique, et un vieux jeu wallon qui reprend vie.
Et c’est à deux pas. Vous sortez de la ZannA House, vous descendez la rue des Brasseurs, et vous y êtes.
Infos pratiques
- Adresse : au coin de la rue des Brasseurs et de la place Maurice Servais, au pied du téléphérique, Vieux Namur
- Depuis la ZannA House : environ 2 minutes à pied
- On y trouve : une belle carte de bières (dont des sans alcool), vins, softs, café, chai latte, fromages à partager, croissants le samedi et le dimanche matin
- Bon à savoir : terrasse, chiens bienvenus (un chien habite au café), jeux pour enfants et adultes, livres, piano en libre accès
- Horaires et agenda des expos et concerts : page Facebook de Chez Juliette
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la Mèn’che ?
Un jeu de cartes traditionnel wallon, un jeu de plis joué en deux équipes de deux avec 32 cartes. Populaire pendant près de deux siècles dans les estaminets entre Namur et l’Ardenne, il a été réédité par le Mad Cat Studio.
Où jouer à la Mèn’che à Namur ?
Chez Juliette, dans le Vieux Namur, où le jeu est disponible en libre accès dans l’armoire à jeux.
Chez Juliette propose-t-il des boissons sans alcool ?
Oui : des bières sans alcool, pas mal de softs, du bissap, du café et du chai latte.
Chez Juliette convient-il aux enfants ?
Oui. Le bar propose des jeux pour les enfants comme pour les adultes, et l’ambiance est familiale et détendue.
Vous rêvez d’un citytrip à Namur loin des sentiers de carte postale, dans une maison au charme vintage, au cœur du Vieux Namur ? Réservez votre séjour à la ZannA House : je vous ferai découvrir mes adresses, Chez Juliette en tête.
